L'histoire était l'une des seules matières dans laquelle j'étais bon à l'école. Pour moi, Maximus est un disciple de Marc Aurèle. Ce qui m'a conduit à utiliser son livre, Les Pensées, dont certaines répliques du film sont directement tirées. Je vois Maximus comme un soldat sans attache politique, qui n'a de loyauté que pour Marc Aurèle. C'est une période très étrange et très intéressante de l'histoire, avec une conscience sociale et politique remarquable et des inventions extraordinaires, qu'il faut mettre en parallèle avec la brutalité de leurs distractions sportives... Beaucoup de choses ont changé depuis ce temps-là. Les véhicules ont changé. On est passé du char à la Ferrari. Mais pour ce qui est des relations humaines, de la gamme des émotions et des désirs, ça n'a guère évolué. On a seulement fait des progrès dans les moyens d'acheminer le spectacle de la violence jusque dans nos maisons. Plus besoin de sortir..."
pour parler de sa prestation:
"J'avais fait un peu d'escrime avant. Mais le maître d'armes, Nick Powell, m'a patiemment expliqué que l'escrime n'avait pas encore été inventée en l'an 185 ; alors il a fallu tout reprendre de zéro. Mais c'est beaucoup plus simple que l'escrime. Il n'y a qu'un nombre limité de mouvements que vous pouvez faire avec un glaive. Ce que j'ai essayé de faire, c'est d'être capable de l'utiliser indifféremment des deux mains : je pense qu'un soldat professionnel qui utilise son arme sans arrêt doit, tôt ou tard, changer de main pour être capable de se défendre de tous les côtés parce qu'on ne sait jamais d'où peuvent venir les attaques. Nick est venu en Australie passer quelques semaines avec moi et nous avons commencé à travailler... Je voulais me créer un corps capable de faire tout ce que mon personnage doit faire, mais pas comme ceux qu'on sculpte dans les salles de musculation contemporaines. Après notre rencontre en Angleterre, Ridley m'a envoyé un message pour me demander de ne plus perdre de poids. Il me voulait trapu... Le tournage a été une expérience physiquement éprouvante. Au départ, sur le papier, nous avions prévu un répit d'environ sept jours entre les scènes de combats pour avoir le temps de récupérer et de répéter pour la suivante. Mais au bout du compte, avec tous les imprévus qui surviennent toujours pendant un tournage, nous nous sommes retrouvés à les enchaîner. J'affrontais les tigres dans la journée et je préparais la scène suivante, le soir, avec le coordinateur des combats, le maître d'armes, le responsable des chevaux... Physiquement, ça laisse des traces. Avec le recul, c'est aussi ce qui rend l'expérience inoubliable. Mais, sur le coup, quand vous vous regardez dans la glace et que vous avez le tendon du biceps qui sort de l'épaule du mauvais côté, vous vous demandez quand même : 'Qu'est-ce que je fous là ?'"